Les Peaux-Vertes


“Ils ne sont pas venus du tréfonds des enfers, ce sont des histoires de bonnes femmes. Non, en réalité c’est de l’océan qu’ils se sont déversés en Akenlor.

Cela signifie donc qu’il y a un autre continent que nous ne connaissons pas encore ?

Et si un tel lieu existe, quelle terre de désolation cela doit être. Les Peaux-Vertes ne sont pas bons marins, c’est même tout le contraire. Et pour arriver jusqu’ici en traversant l’océan, soit un ennemi encore plus terrible les a contraint à fuir, soit ils sont venus trouver de nouvelles terres à ravager.

Dans les deux cas, je n’ose imaginer l’horreur qu’ils ont dû laisser là bas.

Finalement, peut-être que les paysans ont raison, les Peaux-Vertes viennent bien de l’enfer.”

Capitaine Edmond Doris, 7° régiment de tirailleurs du duché de Rôn

Introduction

Le peuple des Peaux-Vertes est constituée de deux races distinctes : les Orcs et les Gobelins.

Les Orcs sont une espèce violente disposant d’une force redoutable couplée à une rage insatiable. Ces derniers ne sont pas stupides, bien au contraire. Seulement, ils privilégient les solutions simples, quels que soient les problèmes auxquels ils sont confrontés et réagiront systématiquement par la violence et la démonstration de force.

Les Gobelins eux, sont chétifs et maigrelets mais malins et sournois. Leur faible constitution ne leur permet pas de survivre dans un environnement aussi dur et brutal que celui des Orcs.
Ils compensent donc cette lacune physique par une intelligence acérée et un penchant calculateur qui guide chacune de leurs actions.

Les deux races possèdent une peau verte, virant parfois vers une teinte si foncée qu’elle en paraît presque noire.
Généralement les Gobelins ont une teinte de peau d’un vert plus clair et un nez crochu proéminent. Leurs oreilles sont également plus longues que celles des Orcs, qui au contraire se caractérisent par les deux canines sur-développées de leur mâchoire inférieure. Ces derniers possèdent également une pilosité et une stature semblable à celle d’un Humain.

Les Peaux-Vertes sont un peuple de féroces guerriers, cherchant sans cesse le combat.
Leur société se base sur leurs instincts primitifs et leurs lois en découlent naturellement, de sorte que chacun naît avec ces règles inscrites dans sa psyché.


Les enfants de la colère

A l’aube de la création du monde, n’existaient alors que les Premiers-Nés. Ils étaient en paix et vivaient en harmonie avec le monde, s’adaptant à celui-ci plutôt que de chercher à le modeler selon leurs besoins égoïstes et éphémères.

Par conséquent, la Nature contint sa rage, car rien ne s’opposait à elle et aucune occasion ne lui permit de la relâcher et de s’en libérer.
Plutôt que de se laisser consumer par celle-ci, la Nature décida finalement d’utiliser cette rage pour créer deux espèces qui incarneraient parfaitement cet aspect implacable de son existence. C’est ainsi que naquirent les Orcs ainsi que les Gobelins et que fût inscrit dans leurs gènes la loi du plus fort qui régirait leur existence et guiderait jusqu’au plus élémentaire de leurs gestes.

Mulborg le Sage nous enseigne que lorsqu’ils virent le jour, les premiers des Peaux-Vertes prirent très vite leur place dans la création.
Ils étaient nés de la colère et ils en seraient les plus dignes représentants.

Au sein de la culture des Peaux-Vertes, les Orcs représentent la force, tandis que les Gobelins incarnent l’intelligence.

Dans les premiers siècles faisant suite à leur apparition, les Peaux-Vertes détruisirent et dévastèrent tout sur leur passage. Rien ne s’opposait à eux car ils incarnaient le sommet de la chaîne alimentaire parmi les autres espèces vivantes qu’ils avaient jusqu’alors rencontré.

Souhaitant que sa création puisse trouver sa place dans le monde au lieu de le dévaster et ainsi s’auto-condamner à long terme, la Nature fabriqua un ennemi qu’elle souhaitait suffisamment puissant et robuste pour lui tenir tête.
Cela ravi les Peaux-Vertes qui s’en allèrent affronter ce nouveau peuple.
Leur ennemi était physiquement très résistant et possédait une force supérieure, bien que plus tempérée que celle des Orcs. Les Ruldars ou “guerriers de fer” dans la langue des Orcs, leur offrirent les plus beaux combats qu’un membre de la race des Peaux-Vertes n’eut jamais vécu.


Les clans

La civilisation des Peaux-Vertes est à mi-chemin entre la société civilisée et le règne animal. Ceux-ci sont répartis en clans. Un clan est composé d’un mélange d’Orcs et de Gobelins et sont dirigés par un chef, la plupart du temps l’Orc le plus fort et le plus impitoyable du groupe.
L’ensemble des clans sont dirigés par un chef de guerre, qui a su imposer sa force et sa sauvagerie à tous les autres chefs de clans.
Les traditions Orcs sont très similaires aux instincts naturels d’un animal. Les chefs de clans sont à l’image des alphas dans les meutes de loups. Une fois qu’ils ont prouvé par la force qu’ils étaient les plus puissants, ils exercent un pouvoir total sur leur clan et nul ne remettra cet état de fait en question autrement que par un défi.
La notion de trahison ou de perfidie n’existe pas dans la mentalité des Peaux-Vertes.

Les autres Peaux-Vertes respectent la force plus que toute autre chose et, si un Orc souhaite être chef de clan, il devra affronter l’actuel détenteur du titre lors d’un duel à mort.
Le gagnant obtient naturellement le titre sans que qui que ce soit ne puisse lui faire obstacle. Aucun chef ne peut refuser un duel, ce serait un déshonneur total, et aucun Orc, pas même un Gobelin ne le respecterai ou n’essaierai pas de le tuer par la suite.

Les Gobelins ont une place indispensables dans la hiérarchie des clans. Ils sont les médecins, les ingénieurs, les forgerons et même les conseillers des chefs.
Cependant, quelle que soit sa place hiérarchique dans le clan, un Gobelin vaudra toujours moins qu’un Orc, ne serait-ce que parce que si le premier conteste cet état de fait, le second le corrigera et lui fera comprendre qu’il n’a pas le physique nécessaire pour contester quoique ce soit.

Néanmoins, lorsqu’un Gobelin conseille son chef, celui-ci prend toujours soin de l’écouter, bien qu’il n’en laisse absolument rien paraître.
En effet, mettre en application le conseil d’un Gobelin reviendrait à reconnaître que c’est ce dernier qui possède les compétences pour être chef de clan, ce qui est inconcevable du point de vue d’un Orc.
Physiquement, les Gobelins sont plus faibles que les Orcs, ce sont donc ces derniers qui doivent diriger.
Un chef de clan qui ne prend pas soin de modifier dans la forme son ordre pour que le conseil d’un Gobelin n’y apparaisse pas serait immédiatement contesté et devrait enchaîner de nombreux duels à mort pour prouver sa valeur.


La première guerre

Les Ruldars étaient légion, ils portaient de lourdes armures de fer robustes et finement ouvragées tout en maniant de puissantes haches, épées ou marteaux.
Ceux-ci évoluèrent très vite face aux Peaux-Vertes, profitant d’une discipline et d’une volonté inflexible, s’adaptant à la brutalité des Orcs et la malice des Gobelins d’une façon spectaculaire.
Mais les Orcs avaient une stratégie, qu’avait, dans son extrême sagesse, décidé Galdor, le premier chef de guerre Orc : “Les Ruldars s’adaptent trop vite pour être vaincus par le temps ? Peu importe, ils s’adaptent mal face à la mort”.
La stratégie était donc toute trouvée, continuer à tuer les Ruldars jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul.

Les Orcs et les Gobelins se rassemblèrent alors en une seule et gigantesque masse de Peaux-Vertes pour acculer les Ruldars vers l’est, dos au grand océan. Galdor se réjouissait de leur bêtise. Il n’était certes pas un grand stratège mais il savait que se retrouver dos à la mer n’était pas une position enviable pour les Ruldars… Ni pour qui que ce soit d’ailleurs.


La fin des Ruldars

Alors que le dernier et le plus impitoyable affrontement entre les Peaux-Vertes et les Ruldars battait son plein, un gigantesque cataclysme secoua le champ de bataille.
Les Ruldars avaient, par un moyen inconnu, fait en sorte que la terre se déchire en deux, loin en ouest de l’autre côté des lignes des Peaux-Vertes.

L’océan combla ce vide en formant une gigantesque étendue d’eau et nul ne pouvait apercevoir ce qu’il y avait de l’autre côté, ni même savoir s’il subsistait quelque chose à l’horizon.
Mais pour les Peaux-Vertes, quel que soit le but de ce plan, ce fut un échec, car aucun des leurs ne se trouvait là-bas et cela ne sauverait pas les Ruldars du sort funeste qui les attendait. La victoire était donc totale et leurs artifices désespérés n’avaient rien pu y changer.

Galdor et sa horde massacrèrent tous les Ruldars et leurs forteresses furent pillées jusqu’à atteindre le cœur de leur royaume : le volcan de Khodong.

Sculptée dans les flancs de la montagne, Khodong était une forteresse troglodyte exceptionnelle. Elle était immense et ses couloirs s’enfonçaient dans la terre tels des tentacules s’insinuant dans les profondeurs du monde.
Ses remparts extérieurs étaient si hauts qu’ils donnaient le vertige rien qu’à les observer et des centaines de canons constituaient ses défenses les plus basiques, servant de socles à des systèmes de protection qui auraient rendu jaloux les ingénieurs les plus talentueux.

Cependant, les Peaux-Vertes étaient si nombreux que depuis les murs de Khodong, l’horizon tout entier en était noir.
Les Gobelins construisirent des armes de siège afin de rivaliser avec celles de Ruldars, en nombre si ce n’est en qualité, ainsi que des tours avec de grandes échelles pour permettre aux Orcs de grimper sur les remparts âprement défendus.
Trébuchets, catapultes et balistes affrontèrent des jours durant, canons, mortiers et systèmes de défense sophistiqués.

Ce fut un combat terrible et des milliers d’Orcs et de Gobelins furent mis en pièce par l’artillerie Ruldar dans les premières secondes de l’assaut. L’artillerie des défenseurs fit feu sans discontinuer, imitée par les armes de sièges des Peaux-Vertes, moins fiables mais bien plus nombreuses.

Cependant, tous ces morts ne faisait qu’accentuer la rage des assaillants qui ne semblaient connaître ni la fatigue, ni la peur. Le nombre finit par leur donner raison et lorsque les premières échelles de siège parvinrent à déposer des guerriers Peaux-Vertes sur les murailles, la bataille fut scellée.

Les Ruldars les attendaient bien évidemment de pied ferme et les affrontements furent sanglants. Pour chaque Ruldar qui tombait, les Peaux-Vertes devaient payer le prix fort.

Mais ces derniers étaient bien trop nombreux pour que les Ruldars puissent espérer faire plus que les ralentir brièvement.
Les Orcs et les Gobelins s’infiltrèrent dans Khodong, pillant et tuant tout sur leur passage.
Les remparts étaient désormais entre les mains des attaquants et plus rien ne pouvait arrêter la horde infinie qui se déversait dans le cœur du volcan.

Dans de vaines tentatives d’emporter avec eux le plus d’ennemis possible, les Ruldars firent sauter les tunnels qui s’enfonçaient dans le cœur de la montagne. Les éboulis écrasèrent des centaines d’Orcs et de Gobelins mais condamnèrent à la mort les quelques Ruldars désormais prisonnier dans les souterrains.

C’est ainsi que cette civilisation de puissants guerriers périt sous les coups des Peaux-Vertes, après plus de trois mille ans de conflit.


La désolation

Désormais, plus aucun Ruldar ne se tenait debout face aux hordes de Peaux-Vertes et nul ne contestait leur domination.
Cependant, sans ennemi à affronter, l’augmentation de la population Orc ralentit de plus en plus et les naissances peinèrent à compenser les décès dus aux maladies, mais aussi et surtout, aux querelles internes.
Les Orcs n’avaient plus d’adversaire désigné, ils en trouvèrent donc un : eux-mêmes.

Galdor qui les avait dirigé jusqu’alors, les menant de victoires en victoires contre les Ruldars, fût tué en duel par un autre chef de clan, Nurbla.
Plus hargneux et n’ayant pas participé aux premiers combats contre les Ruldars du fait de son jeune âge, celui-ci n’avait pas encore étanché une partie de la violence qui coulait dans ses veines.
Nurbla voulait que cette époque que les Peaux-Vertes appelaient “la désolation” cesse et il comptait bien tout mettre en oeuvre pour arriver à ce résultat.
Il leur fallait donc un ennemi et une guerre ou cela signerait l’arrêt de mort de son peuple agonisant.

Certains des Peaux-Vertes les plus vieux qui avaient survécu à la guerre contre les Ruldars se souvinrent qu’autrefois, le continent était bien plus grand à l’ouest et que sa disparition concordait avec les mesures de plus en plus désespérées employées par leur ancien ennemi.

Décidant de miser sur la possibilité que le continent ouest n’avait pas disparu comme tous le pensaient, mais qu’il s’était tout simplement détaché et éloigné à l’horizon, Nurbla ordonna aux Gobelins de lui bâtir suffisamment de navires pour transporter ce qu’il restait de son peuple.
Une gigantesque flotte fut construite, une flotte de guerre et d’exode qui les mènerait à travers les mers afin de trouver, l’espérait-il, un nouvel ennemi à combattre.

Les Peaux-Vertes ne sont pas un peuple maritime, ils répugnent à traverser les étendues d’eau car elles ralentissent leurs mouvements, mais ils n’avaient pas le choix. S’ils voulaient survivre, ils devraient traverser l’océan vers l’inconnu.


Akenlor

Lorsque les Peaux-Vertes atteignirent les côtes d’Akenlor, plus de la moitié de leur peuple avait péri en mer. Ils n’étaient pas des marins et avaient dû faire face à des difficultés que la force brute et la violence ne pouvaient résoudre.
Même si ce long voyage avait dangereusement menacé l’existence même de leur peuple, les Peaux-Vertes survivants avaient une soif de combattre qui ne serait pas étanchée de sitôt.
De plus, les multiples accrochages entre navires et autres mutineries qui avaient parsemés leur voyage, avaient maintenu les plus violents et les plus malins dans un état d’éveil permanent.

Ce n’est donc pas un groupe de créatures affaiblies et démoralisées qui se jetèrent sur les premiers villages côtiers, mais de véritables machines de guerres vivantes, des agglomérats de rage et de violence qui écrasèrent tout sur leur passage.

Une fois les premières bandes de terre conquises, les Peaux-Vertes commencèrent aussitôt à établir leurs premiers campements. Ils rasèrent les lisières des forêts pour dégager les zones dont ils avaient besoin et construisirent des avant-postes en prévision de l’invasion de cette nouvelle contrée.

Cependant, la nouvelle de leur arrivée sur les côtes d’Akenlor finirent par atteindre le cœur du royaume de Deremis et la réponse fût immédiate et radicale.
Les Humains envoyèrent leurs armées, de simples fantassins en armure soutenus par une cavalerie disciplinée qui mirent un coup d’arrêt brutal à l’avancée des Peaux-Vertes.

Ces derniers furent repoussés jusqu’aux côtes d’où ils venaient, ce qui fit enrager Nurbla qui n’avait pas encore connu la défaite, un sentiment qu’il détestait dorénavant par-dessus tout.
Il rassembla sa horde et contre-attaqua dans une orgie de violence telle qu’il réussit à contourner la ligne de front avec une partie de son armée, se dirigeant droit sur la baronnie de Malzerik qu’il ravagea d’est en ouest.

Souhaitant faire de cette ancienne baronnie humaine un avant-poste pour avancer plus loin dans les royaumes humains, Nurbla se heurta néanmoins à une réalité qui lui fit revoir ses plans.
Outre les armées du royaume de Deremis qui criaient vengeance et désiraient plus que tout venger les leurs en récupérant les terres qui leurs appartenaient jusqu’alors, les Azehils firent leur entrée.
Ces derniers, pour une raison qu’ignoraient les Peaux-Vertes, souhaitaient visiblement aussi mettre la main sur la région et s’installer durablement.
Ce qui ne gênait en rien Nurbla, tant que ces derniers étaient capables de se défendre, ce qui assurerait l’essor de son peuple.


Jouer un Peau-Verte

Jouer un Peau-Verte, c’est incarner la rage, l’honneur, la fierté et la pugnacité. Rien en ce monde n’est plus belliqueux qu’un Peau-Verte, si ce n’est un autre Peau-Verte.

Cependant, les Orcs ne sont pas des créatures stupides, tout comme les Gobelins ne sont pas des êtres tordus. Il est donc inutile de tenter d’incarner des caricatures insultantes ou obscènes, la culture des Peaux-Vertes étant la guerre, pas la moquerie.
Il s’agit d’une société dure et violente, mais néanmoins tournée sur la force et l’honneur.



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